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Pendant que vous bossez, nous on joue !

Runequest : novembre confiné attend de la meneuse l'arrivée

En ces temps de frimas, signe de la saison des tempêtes, vous êtes confinés en vos logis et ouvrez un paquet livré par avance grâce à l'intercession des corbeaux morts. Quoi ! murmurez-vous in petto, les mains fébriles déchiquetant nerveusement le carton, fouaillant dans le papier bulle, serait ce enfin ce fameux jeu dont tout le monde parle. Oui c’est ce jeu tant vanté par l’équipage du Grog, jeu récipiendaire du trophée mythique de notre nef, nommé par certains le « Graal du mois », ou aussi le « Jeu du mois » … de Novembre.

Ce jeu en provenance du fond des âges, résurgence d’un passé lointain mais non encore oublié, est l’acteur majeur d’une époque où le D20 fut bousculé par le D100, l’Annus Mirabilis MCMLXXVIII. C’est bien entendu ce fameux jeu qui nous invite à la quête des runes. Mieux connu sous le nom de Runequest dans le parler de nos cousins d’outre-Atlantique. Il bousculait la prééminence de l’omniprésent Donjons & Dragons en introduisant les compétences ainsi que le tirage d’un chiffre aléatoire de 1 à 100, grâce à l’astucieuse utilisation de deux dés à dix faces. Il chamboulait les fraîches habitudes d’un loisir encore récent, remplaçant le THACO (pas la voiture mais le jet de « To Hit AC0 ») par de vrombissantes attaques contrées par d’échevelées parades et esquives. Il refusait l’accumulation des points de vie, les réduisant à peau de chagrin, rendant chaque combat létal, tout adversaire étant susceptible de trucider notre héros par un jet critique mal venu. Enfin il abolissait les classes rigides et ouvrait à chacun les professions guerrières ou magiques en fonction de ses capacités. Il connut grâce à la flexibilité de son système de compétences un formidable succès, une déclinaison en système générique, le Basic Role Playing et une fameuse adaptation à des univers contemporains comme L’Appel de Cthulhu.

Après une seconde édition, vint la troisième qui connut une traduction française grâce à la défunte maison Oriflam. Cette version qui fit le bonheur de plus d’une génération de rôlistes était cependant imparfaite selon les vœux de son géniteur, le regretté Greg Stafford. En effet Glorantha, l’univers créé pour les première et deuxième éditions, était quasiment absente afin d’augmenter la généricité des règles. Après trente ans de bons et loyaux services, le jeu connut plusieurs versions jusqu’à une sixième, sous l’égide de Mongoose puis The Design Mechanism.

C’est donc avec un regard ému que toute l’équipe recevait cette septième version de Runequest, quatrième pour les auteurs car repartant des règles de la troisième en lui ajoutant quelques touches de Pendragon via les règles sur les passions.

C’est dans un élan unanime que l’équipage en délire du vaisseau votait pour que ce grand Ancien soit mis à la place d’honneur qui lui est dûe en ce mois de Novembre. (Des esprits chagrins soulignaient que qui ne votait pas avec l’unanimité finissait aux fers, c’est bien évidemment très exagéré).

Le premier contact est saisissant, quel est ce personnage central entouré de six compagnons qui semblent descendre des cieux ? Est-ce Orlanth dieu du Tonnerre et des Tempêtes ? Reconnaissable comme toutes les divinités du vent à sa carnation bleu profonde. Est-ce un de ses Seigneurs Runique à la peau teinte de guède, un Sartarite de la tribu Colymar. Dès la couverture nous sommes dans Glorantha et toute la magie du monde nous saisit.
Les Runes prennent une importance nouvelle, elles sont des archétypes cosmiques, les aventuriers peuvent avoir des affinités avec elles, ils en retirent potentiel magique, personnalité, accointance avec les cultes et même des bonus aux caractéristiques. De même des passions, amour, amitié, haine, forment les contraintes et atouts qui guident votre personnage. Si cette version est issue de la version trois, ça n’est pas un simple copier-coller.  Elle s’en détache de plusieurs façons, la principale étant la présence de Glorantha à chaque phase de jeu. À la création de personnage ça n’est pas un fermier ou un guerrier que vous allez créer, mais un guerrier Lunar, dont le grand père était un colon venu des terres de la Lune Rouge, dont le père est mort à la bataille et qui lui-même a déserté un combat qui était le combat de trop. Bien entendu vous avez la main sur ces éléments, une série de tables vous aide à parcourir votre histoire naissante.

C’est Runequest tel qu’il aurait dû être, avec quelques ajouts récoltés au fil du temps, de Héros War/HeroQuest, le jeu qui prolongea Runequest III en le projetant dans une autre dimension, la guerre des héros. Avec l’aide de fans avertis, scrupuleux, voire vétilleux, tels ceux qui servent le Jonstown Compendium et qui produisent du matériel de qualité, tout en respectant le canon de l’univers.

C’est enfin un ouvrage splendide, des illustrations de toute beauté, fruit des artistes de la ville de Nochet, la ville la plus ancienne et la plus peuplée d'Esrolia. C’est une résurrection dans une forme splendide d’un des plus grands jeux des quarante dernières années, enfin complet selon la volonté de son créateur. C’est aussi un crowdfunding pour la traduction, mené de main de maître par le studio Deadcrows et tout une série de suppléments à venir, le guide de la meneuse, Les cartes de la Passe du Dragon, un bestiaire, des scénarios, une campagne et beaucoup plus.

Cela valait bien un hommage !

Joyeux anniversaire !

...gagne un niveau !

Les critiques - 2


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